Moscou, 25 décembre 1991, 19h30 : sous les vivats de la foule, massée depuis des heures sur la Place Rouge, le drapeau rouge frappé de la faucille et du marteau qui flotte sur le Kremlin est remplacé par l’emblème tricolore de la Russie des tsars, celle d’avant la révolution bolchevique. Le mythe soviétique vient de mourir sous nos yeux. Que s’est-il passé ?
Certes, l’URSS n’a pas connu la lente agonie que lui avaient promise les soviétologues. Elle n’a pas non plus connu le destin de la Chine, qui a organisé la libéralisation de l’économie dans le cadre totalitaire. Elle s’est purement et simplement désintégrée, dissoute dans le mouvement irrésistible suscité par la chute du Mur de Berlin, sans que les démocraties occidentales parviennent à saisir, et encore moins influencer, ce qui s’est joué.