Martin Scorsese, qui le qualifie de «révolution», n'est pas le seul réalisateur à se sentir redevable à François Truffaut de la publication en 1966 du «Cinéma selon Hitchcock». Ce recueil d'entretiens avec le maître anglais a marqué plusieurs générations et déclenché des vocations. Il a aussi ouvert des perspectives : le cinéma pouvait dès lors se revendiquer à la fois comme un art de masse et l'oeuvre d'auteurs. A partir d'archives sonores, Kent Jones retrace la complicité naissante entre les deux géants du septième art. Olivier Assayas, David Fincher, Wes Anderson ou encore Kiyoshi Kurosawa évoquent ce qui relie leur univers au travail d'Hitchcock...
A partir des archives sonores et des photos en noir et blanc de Philippe Halsman, ce formidable documentaire retrace la genèse du mythique livre d'entretiens enregistrés dans les studios Universal durant l'été 1962 entre le jeune réalisateur des 400 Coups et son maître à filmer, qui n'était pas encore, à cette époque, aussi célébré qu'aujourd'hui. Avec la complicité de la truculente Helen Scott, qui assurera la traduction simultanée, Truffaut parlant anglais comme une vache espagnole. « Ce livre a été une révolution. C'est à partir de lui que nous nous sommes radicalisés, comme si quelqu'un nous avait libérés d'un poids » : Martin Scorsese est l'un des dix cinéastes interrogés par Kent Jones à dire son admiration pour le « Hitchbook », la bible que tous les cinéphiles possèdent et chérissent.